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Je n’ai jamais oublié la tête de mon frère aîné à qui je venais de répondre « oui ! » après qu’il m’ait demandé si j’avais déjà moi embrassé une fille. Je n’avais pas quinze ans. J’ai compris grâce à ce « moi » dans sa question que je venais de le battre sur le terrain du « C’est-moi-l’aîné-qui-doit-obligatoirement-tout-vivre-avant-toi-le-gosse»… Nous avions et avons encore vingt-deux mois de différence.
Ce que mon frère n’a jamais eu besoin de savoir c’est que j’ai été traumatisé par mon premier baiser de grand !
Elle s’appelait Aline. Nous étions fin août, celui des mes quatorze ans. Nous revenions de Bretagne, en bus de nuit, pour rentrer à Nice. Nous venions de passer trois formidables semaines dans un camp d’éclaireurs-marins à Carantec.
La maman d’Aline étant la directrice de ce camp d’été était présente dans le bus mais assise elle à l’avant, très loin de nous.
Lorsque nos lèvres se sont réunies, entrouvertes… Je n’ai entendu aucun violon, pas la moindre note de musique n’a raisonnée dans ma tête ! Pendant CE premier baiser il n’y a pas eu d’orchestre comme cela se passait dans tous les films d’amour que j’avais pu voir ! Après cet inconcevable silence dans ma tête, je sais m’être décidé à glisser ma langue entre les lèvres d’Aline convaincu que ce serait là le vrai signal pour ENFIN déclencher l’orchestre et les violons…
Moi, le romantique, le sentimental, je n’ai eu droit de la vie qu’à un PREMIER baiser SANS les VIOLONS ! Je m’y suis habitué, bien obligé, contraint et forcé… Pourtant, je reste traumatisé par la déception de l’absence de cette musique. C’est elle, comme dans les films, qui devait rendre magique ce premier baiser de grand.
Cette nuit là, j’ai intégré l’expression « C’est du cinéma les enfants ! ». Aline a beaucoup aimé mon premier baiser d’amour, de grand. C’est sa langue qui me l’a fait savoir plusieurs fois pendant cette nuit de l’été 1968, pendant cette nuit où j’ai cessé d’être un grand romantique...
Oui, la vie m'a malmené trop tôt, trop vite…