• Toujours pas malheureux...

     

     

     

     

    Septembre j'étais chez eux bouleversé je pleurais

    Ils ont été présents tous témoins et aussi acteurs

    Nous étions dans une vie en famille heureuse unie

    Ce soir là ils ont pulvérisé définitivement ma vie

     

    Ma mère hurlait folle contre ma seule présence

    Elle criait père se dressait en refus de sa violence

    Frère aîné était partagé entre sourire et stupeur

    Une enfant princesse me regardait c’était ma sœur

     

    Nul mot ne sortait de moi j’ai eu la tête écrasée par la peur

    Affreuses minutes que je savais en gestation de malheur

    Prise de conscience odieuse de ne me savoir plus aimé

    La honte d’être fils m'a vêtu d’habits hideux imposés

     

    Plus tard seul accablé dans ma chambre je pleurais

    J'étais prisonnier de la mise à mort de mon cœur

    A quinze ans j'ai du contre l’absurde entrer en guerre

    Seul j’appréhendais mon devenir abimé le cœur amer

     

    Définitive rupture sans pardon possible s'est imposée à moi

    Je me suis découvert affairé en révolte sous leur propre toit

    J'ai vécu soirée basculée entre respect-amour et haine-mépris

    D'un amour pour eux j’ai fait alors le deuil au bout d'odieux cris

     

    Années d’après vécues en cascades de brimades violentes

    Rebelle dans ces années saturées de crises permanentes

    Solitaire je m’y suis dépouillé de mon amour pour eux

    Je suis entré dans un drame et eux sont restés heureux

     

    Mon père au bout de sa vie pour l’éternité repose en terre

    D’autres pleurs que miens ont été versés pour cet homme amer

    Mon deuil était accompli au fond de plus de quarante années

    Cinquante-neuf ans est âge apaisé en souffrances là dépassées

     

    Passé révolu d’une vie heureuse assassinée par parents

    Victime d’une maltraitance verbale proférée en cris déments

    Perte à jamais avérée de ce qui me faisait être fils heureux

     Père est mort depuis quatre ans sans que j’en sois malheureux

     

     

    Ma mère est morte depuis près de trente ans

    Mon père lui est mort depuis quatre ans

    Je n'ai encore jamais pleuré leur absence

    Pour beaucoup cela frise l'indécence 

     

     

     

     

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  • Commentaires

    13
    Jeudi 31 Janvier 2013 à 19:24
    Marc de Metz

     

     

    J’ai renoncé à être un bon fils, un bon père…

    Je me suis sauvé en étant « moi »…

    Je ne forcerai jamais les portes par les miens fermées.

    C’est ma plus grande, définitive et réparatrice certitude.

    Bises Steph, merci pour ce commentaire.

    Bonne soirée Marc de Metz.

     

    12
    Jeudi 31 Janvier 2013 à 09:36
    bilounette

    Comme toi je vais avoir 60 ans cette année (1953),  et je ne crois pas qu'à cet âge on puisse dire, voilà j'ai tourné la page, je me sens léger de mon passé. Quelque soit la vie que l'on a eu, aussi difficile soit-elle, aucune n'est comparable à une autre bien évidemment, chacun son ressenti aussi, son caractère, sa sensibilité, mais crois-moi , on n'oublie jamais le mal qui a été fait, il est enfoui en nous, et quelque fois il refait surface, sans se l'expliquer, et ce mal rongera jusqu'à notre dernier souffle , même si on crie haut et fort le contraire. On ne peut pas sortir indemne d'une telle souffrance !! essayer d'être heureux ça oui, être positif ça oui....... Témoignage poignant, et heureuse que tu sois bien maintenant.

    Gros bisous de Bilounette

    11
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 19:47
    Steph/Lotus

    Le principal est que tu les vives bien non ? Alors l'opinion des autres ... et puis on ne peut jamais se mettre à la palce de quelqu'un, les histoires, les caractères, les personnes sont si différentes qu'on peut compatir mais pas dire je comprends ... Bises Marc ;)

    10
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 16:55
    Marc de Metz

     

     

    Mon père est mort à la mi-janvier il y a quatre ans. Je n’ai ce jour là pas pensé à lui, à sa mort. Si je devais avoir un manque, si je devais avoir été triste, si je devais me sentir malheureux de cette perte, je sais que j’aurais pensé à lui avec du vague à l’âme… Alors, comme j’ai besoin de le faire et jamais sans ressentir la moindre souffrance supplémentaire, j’ai eu envie de traduire cela dans ces mots… Je prends le risque d’avouer que ce que j’ai ressenti lorsque j’ai appris sa mort ce n’était ni du chagrin, ni de la peine, ni de la tristesse. J’ai du expliquer à mon frère que son deuil ne serait pas le mien et qu’il m’accorde que le mien était fait depuis alors une quarantaine d’années. Je ne suis toujours pas malheureux… Je ne le suis toujours pas vis-à-vis de la mort de ma mère, c’était en 1985… Merci, Bises de Metz, Marc.

    9
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 16:42
    Marc de Metz

     

     

    Merci Claudine. Il faut que je tente de dédramatiser. Si je peux écrire sur ce thème de ma, de mes vies passées, c’est que cela n’est plus douloureux pour moi. C’est assimilé, c’est intégré, c’est dépassé… Mais comme je ne renie rien, il m’arrive d’en parler sans qu’aucune souffrance ne m’accable alors. Ce qui m’a fait publier ce texte, c’est qu’en janvier cela a fait quatre ans que mon père est mort et que je n’y ai pas pensé le jour anniversaire de son décès, c’est tout dire pour moi… Bises, Marc de Metz.

    8
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 16:34
    Marc de Metz

     

     

    J’ai eu douze premières années de vie exceptionnelles, heureuse, merveilleuses et je n’ai que d’extraordinaires souvenirs de mon enfance entre Nouvelle Calédonie, l’Algérie, la Martinique et la Provence. Ce n’est que lorsque je suis devenu ado que je me suis découvert « indigne » d’être le fils de mes parents. Le choc, justement en fonction de mon enfance, fut atroce et destructeur… Oui, je me considère heureux et j’espère que cela réussi à passer dans ce blog au travers de ce que j’y mets comme articles…Bonne soirée à venir MA. Bises, Marc.

    7
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 16:18
    Marc de Metz

     

     

    Je suis là dans une situation très différente que celle des parents qui font face à leur vie et à leur relation avec leurs enfants seuls. Je vais avoir soixante ans et comme tu le dis, je vais y arriver non seulement apaisé, mais « léger ». Je n’ai plus ni à me soucier de qui j’ai été pour mes parents et plus de qui je suis pour mes deux enfants. J’ai été obligé d’apprendre à vivre sans plus aucune nouvelles de mes filles, sans plus rien savoir d’elles. Cet apprentissage s’est terminé il y a cinq ans et depuis je suis libre dans ma tête, dans mon cœur, dans ma vie et puisque j’ai mille souvenirs heureux d’avoir eu des enfants pendant 30 ans comme d’avoir eu des parents pendant une petite quinzaine d’années, je me déclare avoir eu au moins cette chance et cela n’ait pas le cas de tout le monde. Bises Anniclick, @mitié de Metz, Marc. Bonne fin de journée.

    Pour le moment, je n'ai pas en tête l'idée de faire une méga fête pour mes 60 ans, car j'apréhende cet âge comme une chance "intime", personnelle, méritée même... J'en ai eu une extra pour mes 50 ans, mais cet âge est lui très symbolique et j'avais adoré une quantaine d'amis(es) car nous devions être 50 mais de ma famille, seul mon frère et sa femme sont alors venus... Depuis la mort de mon père (janvier 2009), nous nous sommes perdus de vue.

    6
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 16:01
    Marc de Metz

     

     

    C’est vrai que je ne ressens plus ni honte, ni rancune et mieux encore plus aucune culpabilité d’avoir « tout mal fait » après que j’ai accepté de vivre sans me savoir aimé par ceux qui m’ont fait et par celles que j’ai fait… Je dois pouvoir avouer que le seul sentiment que je ressens c’est le soulagement, celui de savoir vivre sans aucune famille. Je ne sais pas si là je suis clair ? Bises Mireille du Sablon, @mitié de Metz, Marc. Bonne fin de journée.

    5
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 11:28
    mireille du sablon

    Bonjour Marc,

    Merci pour ces mots partagés! A ton contact, au travers de nos échanges, j'ai aussi appris à quitter une partie de mon passé, sans honte ni rancune! Rien que pour cela, je te dis Merci!

    Bonne journée, gros bisous de Mireille du Sablon

    4
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 10:56
    Anniclick

    Que de souffrance endurée, tes mots me bouleversent. Tu sais l'écrire, de jolie façon mais les rimes cachent des souvenirs que tu cherches à oublier définitivement.

    Mes enfants ne pourront pas me reprocher mon intolérence ou ma colère. J'accepte leur choix même si ...

    C'est difficile d'être une maman seule ... et je ne pensais pas que serait dur jusqu'au bout de ma vie. La vie est difficile, quelque soit l'âge, quelque soit nos parents, quelque soit notre métier. Mais enfin à la soixantaine, tout s'apaise. C'est le temps du bilan comme tu le fais aujourd'hui, puis on profite à fond de la vie. La famille on ne la choisit pas, les amis on les choisit ... et ici déjà tu as beaucoup d'amis qui t'aiment beaucoup.

    Faudra faire une super fête pour tes 60 ans ! un très bel âge tu verras ... 

    Gros bisous d'amitié

    Anniclick

    3
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 10:06
    AUDOLY-NOURIAN

    après ce que tu as vécu je peux comprendre que tu n'ai pas pleuré dure enfance je vois mais c'est loin tout çà maintenant tu est heureux non? bises MA

    2
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 09:26
    Claudine /canelle

    Merci pour ce partage douloureux ...et je te respecte d'autant plus pour la qualité des mots employés ...

    Bonne journée Marc

    Bises

    1
    Mercredi 30 Janvier 2013 à 08:11
    paquerette

    Je suis émue de te lire ce matin Marc, pourquoi aujourd'hui ? il y a sans doute un évènement particulier pour que tu te livres ainsi dans ce que tu sais si bien faire: un exercice d'écriture, qui, s'il reste pudique, dit beaucoup de choses

    Merci pour ces mots.

    Bonne journée, bises

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